BIEN-ÊTRE JUSTE ET VERT

Avant-propos

Cette plateforme part du principe que les causes principales de l’urgence climatique, de l’exclusion sociale et de la dégradation des institutions démocratiques sont le capitalisme, le militarisme et l’impérialisme, une trinité impie qui nous a conduits au bord de la tyrannie et de l’extinction.

Ceci n’est pas une opinion politique. C’est un fait.

Si nous ne reconnaissons pas ce fait et n’agissons pas en conséquence sans crainte et d’urgence, la civilisation humaine risque de s’effondrer – peut-être du vivant de nos enfants. Les quelques personnes qui pourraient survivre parmi les décombres de l’effondrement de la civilisation seront forcées de subsister dans un « état de nature » hobbesien : une « guerre de tous contre tous » dans laquelle la vie se révèle « solitaire, pauvre, méchante, brutale et courte ».

Mais aucune de ces horreurs n’est inévitable. Même à cette heure tardive, l’humanité possède de nombreux moyens non seulement pour préserver l’habitabilité de notre planète, mais pour faire de notre monde un endroit bien plus juste, prospère et équitable qu’il ne l’a jamais été. Il ne manque que la volonté politique.

Nous vous demandons de vous joindre à nous dans un effort noble et vital pour remplacer le système actuel et défaillant par l’éco-socialisme. Une personne peut accomplir peu. Collectivement, nous pouvons tout accomplir. Beaucoup diront que cette plateforme éco-socialiste est radicale.

Certains diront que c’est trop radical. Mais rien n’est plus radical que des politiques et des pratiques qui nous entraînent inexorablement sur la voie de la tyrannie et de l’extinction.

Les mesures nécessaires pour préserver notre espèce, la santé de notre planète et les éléments essentiels d’une société juste et démocratique ne sont jamais « radicales ». De telles mesures s’accordent simplement avec le bon sens et, surtout, avec la décence humaine la plus élémentaire.

Les vrais radicaux sont ceux qui mettent en péril l’avenir de notre espèce et sapent les formes démocratiques de gouvernance. Les vrais radicaux sont les gardiens d’un statu quo suicidaire. Nous devons nous opposer à ces radicaux à chaque instant, et devons le faire avec un engagement inébranlable en faveur de la paix, des principes et de la préservation de la Terre Mère.

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Introduction: Vision pour un avenir différent

Ce document est un manifeste pour le changement. Il contient les documents de la plate-forme élaborés par le Comité de la plate-forme pour la campagne de Dimitri Lascaris à la direction du Parti vert du Canada, une campagne qui a suscité un tel soutien enthousiaste de la part d’une gauche si large au Canada qu’elle nous a inspirés à lancer la Gauche verte/Green Left. Nous prenons ces documents comme point de départ pour développer notre vision d’une alternative éco-socialiste, juste et anti-guerre pour le Canada au 21e siècle.

Nous résumons notre vision simplement comme un bien-être juste et vert pour le Canada et le monde. Pour le Canada, elle envisage une économie verte, à hauts salaires, à haute compétence, une économie socialement juste qui reconnaît la souveraineté autochtone et élimine les énormes différences de richesse à la place du mastodonte destructeur, extractif et belliqueux d’aujourd’hui. Nous envisageons des sociétés soucieuses de leur peuple, de la terre et du monde.

Les Canadiennes et les Canadiens prennent de plus en plus conscience, avec inquiétude, à quel point notre économie, notre société, notre système politique et notre culture ont souffert depuis le tournant néolibéral il y a une quarantaine d’années. La pandémie, résultat emblématique à la fois de nos échecs environnementaux en plein essor et d’un système social qui a cessé de prendre soin de sa population, a jeté une lumière crue sur les échecs accumulés du gouvernement et des politiques du Canada.

Cela fait prendre conscience à la population du Canada que nous ne pouvons pas rester les bras croisés pendant que des catastrophes nous submergent. Nous ne pouvons pas tout laisser au marché, ni le soumettre au bon vouloir de la cupidité des entreprises. Cela a créé les niveaux inacceptables d’inégalité, de discrimination et d’injustice qui criblent notre société aujourd’hui.

Nous ne pouvons pas revenir à la « normale ». C’est la normalité qui a produit la catastrophe actuelle. Cela ne fonctionnait déjà pas du tout pour trop de personnes – les travailleuses et travailleurs, les peuples et peuples autochtones, les minorités, les femmes – et ne fonctionnait bien que pour une toute petite élite. Maintenant, cela fait échouer tout le monde. Bref, on ne peut plus continuer comme avant. Une nouvelle orientation politique radicale s’impose.

Nous ne produisions déjà pas assez des bonnes choses et nous en produisions trop de mauvaises. La récente ruée vers les fournitures médicales a révélé la négligence du Canada à l’égard de l’infrastructure profonde dont son système de santé et de soins a besoin. Cette négligence est allée de pair avec les catastrophes économiques et environnementales du boom pétrolier de l’enrichissement rapide qui a profité à peu de gens, a piétiné la vie des peuples autochtones et est maintenant enfermée dans une spirale descendante de pertes d’emplois provoquée par l’effondrement incontrôlable de la demande et le refus de se tourner vers les nouvelles technologies vertes.

À l’étranger, la réputation du Canada a été traînée dans la boue alors que nos gouvernements se font passer pour le chien d’attaque du Département de’État des É.U. Il prétend défendre les « droits de la personne » et « l’État de droit » tout en vendant des armes à l’Arabie Saoudite. Il est le fer de lance des sanctions coercitives et du changement de régime. Pendant tout ce temps, il ferme hypocritement les yeux sur le racisme et l’injustice de notre propre société dans son traitement des peuples autochtones, des Noir.e.s, des femmes, des personnes LGBTQ et des personnes en situation de handicap.

Les relations et les lois de travail du Canada continuent d’être à la traîne par rapport aux normes requises par les besoins élémentaires des familles de travailleuses et de travailleurs, tout comme les niveaux effroyablement bas du salaire minimum et l’absence de toute disposition pour des garanties de revenu.

Ce document est le fruit d’un travail d’équipe remarquable s’appuyant sur les contributions de militant.e.s, de professionnel.le.s, d’expert.e.s, de militant.e.s pour le climat, d’universitaires et de dirigeant.e.s autochtones, de syndicalistes et de militant.e.s pour la justice et l’égalité.  Il représente donc un grand pas en avant dans la politique canadienne. Il jette les bases d’un manifeste pour le changement et d’une réponse à une crise que nous avons nous-mêmes créée et que nous devons nous-mêmes résoudre.

Ce n’est qu’un début.

Nous invitons les Canadiens à se joindre au débat le plus large possible autour de ce manuel et à construire le mouvement le plus large possible pour changer le Canada et le monde, mettre fin à l’injustice et aux inégalités et mettre fin à l’urgence écologique.

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Bien-être juste et vert: Nouvelle vision économique pour le Canada et le monde

Notre économie actuelle fait non seulement passer le profit avant les gens et garantit une spirale d’inégalités, mais elle est aussi la cause profonde de l’urgence écologique. L’économie et l’écologie sont inextricablement liées. Pour réparer notre relation avec la terre, nous devons arracher le pouvoir aux entreprises privées et soumettre l’économie à un contrôle démocratique afin qu’elle réponde aux besoins humains sans dépasser les limites de notre planète. La vision d’un bien-être vert et équitable décrite ici constitue la base sur laquelle repose notre plan d’action pour « répondre à l’urgence écologique ».

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L'Urgence écologique: une réponse éco-socialiste

L’urgence écologique mondiale est une menace existentielle. La crise climatique est déjà grave, mais elle n’est qu’une partie du tableau plus large de notre relation brisée avec la nature. Cela inclut également la sombre perte de biodiversité, la pollution, et le grand déséquilibre écologique dans nos relations avec autres espèces de la nature qui sont impliquées dans le virus zoonotique derrière la pandémie que nous faisons face.

Comme l’ont déjà insisté les jeunes et les vieux manifestants contre le changement climatique l’an dernier, l’urgence écologique était déjà sur nous lorsque la pandémie a mis en évidence une autre dimension critique sur cette urgence écologique. Nous ne pouvons plus abuser de la nature qui nous nourrit. Notre réponse à la fois socialiste et coopérative au niveau internationale réparera la relation brisée de l’humanité avec la nature. C’est également la base essentielle d’un bien-être écologique dans le monde entier.

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Terre autochtone, souveraineté autochtone, droits des autochtones

En tant que société de colons, l’histoire du Canada a été marquée par la dépossession des peuples autochtones de leurs terres, de leur souveraineté et de leurs droits. Bien que la Proclamation royale de 1763 ait reconnu les peuples autochtones comme les premiers occupants de la terre et, à ce titre, porteurs de droits spéciaux, y compris de droits collectifs tels que le droit à l’autodétermination ou à la souveraineté et les droits sur les terres traditionnelles, l’État canadien poursuit à ce jour sa politique de dépossession à l’égard de ces trois peuples afin de soutenir son économie basée sur l’extraction. Il en résulte un génocide.

Le non-respect des droits fonciers, l’enlèvement d’enfants autochtones de leurs communautés, la sur-incarcération des autochtones dans le système judiciaire et la tragédie des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées ne sont que les caractéristiques les plus visibles de ce génocide.

Nous nous engageons  à adopter l’approche la plus positive possible dans sa collaboration avec les peuples autochtones pour remanier en profondeur les relations entre l’État canadien et les peuples autochtones, surtout en insistant sur les terres, la souveraineté et les droits des autochtones et en rejetant les doctrines racistes de la découverte et de la terra nullius.

Notre approche consiste à travailler avec les peuples autochtones, leur base et leurs dirigeants élus, ainsi que leurs connaissances, leurs forces et leurs méthodes dans les relations de nation à nation. Elle s’engage à restaurer la souveraineté, les terres et les droits des autochtones et à mettre fin au génocide en tant que priorités nationales.

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Vers une société socialement juste

Le Canada professe un engagement profond envers l’égalité et le multiculturalisme et s’engage, en vertu de sa Charte des droits de l’homme et du droit international, à respecter ces engagements. Malgré cela, les politiques néolibérales des dernières décennies et la pandémie ont fait reculer les luttes historiques pour l’égalité, la liberté et le respect. Elles ont accru les inégalités économiques et la pauvreté, et ont aggravé la discrimination, l’exclusion et les réactions de rejet des groupes en quête d’équité – femmes, Canadiens racialisés, 2SLGBTQIA+, personnes âgées, jeunes, migrants, malades mentaux et personnes à capacité différente. Les mesures de discrimination positive qui ne s’attaquent pas aux causes sous-jacentes des désavantages dont souffrent les groupes en quête d’équité ne font que les enraciner.

Nous nous engageons à une transformation radicalement profonde et large qui touche tout le monde. Elle englobe :

● une gestion économique qui élimine la pauvreté et réduit les inégalités raciales; la représentation des groupes en quête d’équité dans toutes les institutions politiques, sociales et culturelles importantes;

● la fourniture publique, gratuite et accessible de services sociaux par un personnel qualifié et formé, entre autres, à la lutte contre la discrimination;

● l’élargissement des capacités de collecte de données pour soutenir les politiques fondées sur des données probantes et le suivi des performances;

● une réforme juridique pour renforcer la lutte contre la discrimination;

● des stratégies visant à mettre fin à la violence et à l’intimidation sous toutes leurs formes et dans tous les lieux;

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Politique étrangère coopérative pour un monde multipolaire

Si aujourd’hui le monde fait face à des urgences écologiques et de santé publique sans les moyens de coordonner l’action internationale pour y faire face, quelque chose ne va clairement pas dans la manière dont ses relations internationales sont organisées. La politique étrangère du Canada a joué un rôle non négligeable pour faire aboutir les choses. La politique étrangère coopérative pour un monde multipolaire propose une refonte radicale de la politique étrangère du Canada.

  • Mettre fin aux sanctions qui nuisent à l’Innocent. Critiquer et mettre fin à l’acquiescement du Canada au retrait des États-Unis de l’accord nucléaire avec l’Iran et aux sanctions inhumaines américaines contre l’Iran, Cuba et le Venezuela.
  • Résistez à l’annexion. Imposer des sanctions politiques, militaires et économiques à Israël pour son occupation et sa colonisation illégales.
  • Pour l’application universelle du droit international. Exigez que la Cour pénale internationale (CPI) mette un terme à sa concentration exclusive sur les crimes de guerre commis par les ennemis officiels du gouvernement américain. Les criminels de guerre américains et d’autres États occidentaux doivent être rendus également responsables de leurs crimes.
  • Arrêtez d’exporter des armes. Annuler l’accord sur les armes saoudiens et interdire le commerce des armes avec tous les États qui ne respectent pas les protocoles des Nations Unies sur les droits de l’homme et tous les États dont les gouvernements sont engagés dans des violations de ces droits de l’homme.
  • Désarmement nucléaire total. Accès immédiat au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.
  • Reprenez les relations avec l’Iran. Rétablir les relations diplomatiques avec l’Iran comme le souhaitent les Canadiens iraniens, mettant fin à notre complicité avec les efforts menés par les États-Unis pour viser l’Iran.

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Le Service de santé publique (SSP) dont a besoin le Canada

Les Canadiennes et Canadiens sont fiers de leur système de santé publique et le soutiennent très majoritairement. Au cours des six dernières décennies, ce régime sanitaire pancanadien est devenu et demeure une valeur canadienne immuable. Malgré cela, nos gouvernements fédéral et provinciaux ont sous-financé les soins de santé par rapport aux besoins au cours des dernières décennies. Ils ont permis, et parfois même facilité, la privatisation insidieuse de ce système. Les entreprises privées ont infiltré de plus en plus profondément et de manière plus étendue les structures de soins de santé, s’en sont enrichies de façon parasitique et, inévitablement, les ont fragilisées.

Au cours des années 1990, le premier ministre Brian Mulroney a réduit le financement des programmes sociaux de 25 p. cent, tandis que le gouvernement de Jean Chrétien l’a de nouveau comprimé de 40 p. cent en 1995. Cependant, son ministre des finances, Paul Martin, a temporairement renversé cette tendance en tant que premier ministre, et ce, en signant l’Accord sur la santé de 2003. Stephen Harper a accéléré la fragilisation en imposant des contraintes strictes sur les transferts de financement des soins de santé à un niveau bien inférieur aux besoins croissants en services de santé, limitant la croissance à 3,5 p. cent. Bien que son programme électoral l’engageât à remédier à des décennies de délaissement des soins de santé, Justin Trudeau a failli à son devoir de renverser ces mesures et leurs effets néfastes. Tout au long de ces décennies, le financement de la santé est généralement demeuré à la traîne de la croissance des besoins en santé attribuables à la croissance démographique, aux besoins médicaux toujours plus complexes d’une population vieillissante et aux progrès de la science médicale qui accroissent la gamme des traitements disponibles.

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Droits des travailleuses et travailleurs

Le monde du travail a changé. Les droits des travailleurs, au niveau individuel et collectif, se sont détériorés ; les emplois de haute qualités ont été remplacés par des emplois précaires et à temps partiel offrant peu d’avantages sociaux ni de plans retraite ; et les grandes multinationales s’attaquent continuellement aux petites entreprises et aux travailleurs.

Les travailleurs méritent un cadre de travail positif, des salaires élevés, et de ne pas être discriminés.

Cette section sera mise en ligne sous peu

Réforme de la justice et de la police

En théorie, les Canadiens et les Canadiennes sont égaux en droits. En pratique, ils ne le sont pas. Notre système de justice n’est ni juste ni accessible. Il fonctionne mieux pour les élites économiques et sociales qui ont accès à l’argent, et qui ne sont pas accablés par les discriminations et les préjugés systémiques.

Notre système de justice criminelle souffre de racisme systémique et privilégie la punition plutôt que la réhabilitation. Notre système de justice civile est inabordable excepté pour les très riches, tout en affectant le plus sévèrement les femmes. Le gouvernement et les entreprises privées utilisent la technologie de telle sorte que cela érode les droits à la vie privée et les droits humains.

Au bout du compte, notre système légal ne remplit pas la fonction de base d’un système de justice : fournir sécurité, dignité et compassion aux citoyens.

Cette section sera mise en ligne sous peu

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